Thibaut Pinot, Julian Alaphilippe et Pavel Sivakov, trois chances de succès sur cette Vuelta.

Général, étapes, meilleur grimpeur : que peuvent viser les Français sur le Tour d’Espagne qui s’élance vendredi ?

Ils sont 21 au départ. Comme le nombre d’étapes de ce Tour d’Espagne. Des leaders, des baroudeurs, des équipiers, des petits nouveaux, bref un melting-pot d’ambitions et d’objectifs pour les Français.

Sivakov, le bon moment pour jouer le général ?

De nationalité sportive russe depuis le début de sa carrière, Pavel Sivakov court depuis le mois de mars sous les couleurs françaises. Arrivé en France à l’âge d’un an, Pavel Sivakov (Ineos-Grenadiers) avait déjà manifesté son envie de changer de pavillon. Le conflit en Ukraine a accéléré les démarches. Neuvième du Giro en 2019, le coureur de 25 ans fait partie de l’armada Ineos. Avec Carapaz en leader annoncé, le vainqueur du Tour des Alpes 2019 semble dévoué à jouer l’équipier de l’Équatorien, comme sur le Tour d’Italie.

Mais, car il y a un « mais », la forme de Carapaz paraît incertaine. Absent du Tour de Burgos remporté par… Sivakov, le grimpeur de 29 ans ne présente pas toutes les garanties. La montagne arrivant dès la fin de la première semaine, les cartes pourraient être rebattues dans une équipe comptant d’autres bons escaladeurs sur la ligne de départ (Geoghegan Hart, Rodriguez). Au Français, en grande condition en cette fin d’année, de saisir sa chance en cas d’ouverture. Il en a l’envie comme il l’a déclaré sur le site de sa formation : « Évidemment Richard (Carapaz) est le leader numéro un au départ de cette Vuelta. Mais je vais essayer de jouer le classement général le plus longtemps possible également ».

Pinot, Alaphilippe, Elissonde, l’échappée belle ?

Il y a trois ans, Thibaut Pinot (Groupama-FDJ) aurait figuré dans les espoirs du général, en tant que véritable candidat au podium. Mais sa chute sur le Tour de France 2020 est passée par là. Ses douleurs au dos persistantes et ses galères pour retrouver son niveau l’ont fait changer son fusil d’épaule. Le Franc-Comtois vise désormais les belles étapes.

Passé proche sur le Tour (quatrième de la 9e étape, troisième de la 14e), le grimpeur de 32 ans espère enfin être à 100 % après avoir contracté le Covid juste avant le Tour. Avec 8 arrivées au sommet, Pinot trouvera un terrain à sa convenance. Pour succéder à Guillaume Martin dernier vainqueur français du maillot de meilleur grimpeur en 2020 ?

« J’attends quelque chose de lui et pas seulement au service d’Evenepoel »

Patrick Lefevere, directeur sportif de la Quick Step Alpha-Vinyl à propos de Julian Alaphilippe

Il ne sera d’ailleurs pas le seul à briguer une victoire d’étape dans son équipe. Rudy Molard, Bruno Armirail et Quentin Pacher, également chez la Groupama-FDJ, pourront tenter leur chance dans une formation sans leader.

Julian Alaphilippe (Quick Step Alpha-Vinyl) devrait également avoir la liberté de jouer les étapes vallonnées malgré la présence de Remco Evenepoel. « J’attends quelque chose de lui sur la Vuelta, et pas seulement au service d’Evenepoel », a déclaré son directeur sportif Patrick Lefevere.

2012

Année du dernier Tour d’Espagne sans aucune victoire d’étape française. L’an dernier, les Tricolores avaient attendu la 13e étape pour gagner (Florian Sénéchal) avant de triompher de nouveau le lendemain (Romain Bardet) et sur la 20e étape (Clément Champoussin).

Dans son équipe, Rémi Cavagna devrait se mettre au service du jeune Belge. Mais la dixième étape, un contre-la-montre de 31 kilomètres taillé pour les spécialistes de l’exercice comme lui, pourrait lui permettre de doubler la mise après son succès d’étape en 2019. Mais la concurrence sera rude (Evenepoel, Roglic notamment)

Kenny Elissonde (Trek Segafredo) pourrait également tirer son épingle du jeu. À l’aise en montagne et en forme (10e du Tour de Burgos), le coureur de poche n’a pas de véritable leader à servir dans sa formation, il devrait avoir la possibilité de prendre les bons coups sur les parcours montagneux. Seul un Juan Pedro Lopez qui retrouverait ses jambes de mai (10e du Giro) pourrait l’obliger à travailler pour l’équipe en montagne. Julien Bernard pourrait également avoir de la liberté sur les étapes trop accidentées pour le Danois Mads Pedersen, son sprinteur.

Enfin Rémy Rochas (Cofidis) est un peu dans la même situation. Sans leader pour le général en l’absence de Guillaume Martin, le Savoyard aura de la liberté pour tenter sa chance. Sur un parcours qui regorge d’étapes pour baroudeurs/grimpeurs, le coureur de 26 ans pourra s’en donner à coeur joie.

Le maillot de la montagne, une spécialité française

Sur les 14 dernières années, les Bleus ont remporté ce classement… 7 fois ! Une réussite en grande partie due à David Moncoutié, vainqueur quatre fois d’affilée entre 2008 et 2011. Depuis Nicolas Edet en 2013, Geoffrey Bouchard en 2019 et Guillaume Martin en 2020 ont perpétué la tradition.Kenny Elissonde, deuxième à un point en 2015 et Romain Bardet également 2e l’année passée sont passés près de faire grimper le total.

Champoussin, des ambitions sacrifiées pour O’Connor ?

Clément Champoussin (AG2R Citroën Team) aurait pu avoir des ambitions légitimes. Vainqueur de la 20e étape l’année passée, le coureur de 24 ans sort de plusieurs mois gâchés par les maladies et les blessures. Sans les chutes de Ben O’Connor sur le Tour de France, le Niçois serait peut-être même le leader de la formation chambérienne. Oui, mais voilà, l’Australien n’a pas réédité sa Grande Boucle 2021 (4e du général) et reporte ses objectifs sur le Tour d’Espagne où il visera le podium.

Si Vincent Lavenu, le directeur sportif, a annoncé que ses coureurs « chasseraient également les victoires d’étapes », on imagine mal Champoussin abandonner son leader si celui-ci est dans le coup au général.

Nans Peters, déjà vainqueur sur le Giro ou le Tour de France, pourrait bénéficier d’une marge de manoeuvre un peu plus importante pour compléter sa collection. Peu en vue cette année, le Grenoblois devra viser juste et vite car si Ben O’Connor retrouve sa forme du mois de juin (3e du Dauphiné), toute l’équipe se mettra sûrement à son service.

Coquard, seul sprinteur, vraie chance de victoire ?

Ça ne parlera pas beaucoup Français sur les lignes d’arrivées plates de la Vuelta. Bryan Coquard (Cofidis) sera la seule chance tricolore au sprint en l’absence de Démare, Bouhanni ou encore Hofstetter et Venturini. Avec six arrivées potentiellement pour les grosses cuisses du peloton et deux étapes légèrement vallonnées, le parcours peut lui plaire. Il faudra vaincre une concurrence faible en quantité (Ackermann, Merlier, Bennett, Pedersen) mais qualitative pour réparer une anomalie : le Coq n’a jamais remporté d’étape sur un grand Tour.

La découverte des Grands Tours

Deux petits nouveaux vont découvrir les courses de trois semaines : le Nantais de Cofidis Thomas Champion, 22 ans et le Strasbourgeois Antoine Raugel, 23 ans, coureur d’AG2R Citroën. Ce dernier profite de l’absence de dernière minute pour cause de Covid de Dorian Godon et devrait être au service de Ben O’Connor. Le grimpeur de la formation nordiste, lui, aura plus de liberté. Il faudra bien récupérer des efforts pour pouvoir espérer briller sur une étape.

Arkéa sans leader, peu de Français au service d’un leader

Ils devaient être cinq dans la garde rapprochée de Nairo Quintana : Anthony Delaplace, Élie Gesbert, Thibault Guernalec, Clément Russo et Simon Guglielmi, Mais la disqualification du Colombien du Tour de France et sa volonté de se consacrer à sa défense ont bouleversé les plans de l’équipe bretonne à deux jours du départ. Sans coureur capable de jouer le classement général, les baroudeurs voient leur rôle évoluer. Ils tenteront donc sûrement leur chance pendant les trois semaines dans l’espoir de lever les bras à l’arrivée.

5

Sur les 21 Français présents au départ, quatre ont déjà remporté une étape sur la Vuelta : Thibaut Pinot (2x), Julian Alaphilippe, Kenny Elissonde, Rémi Cavagna et Clément Champoussin.

Finalement, seuls Nicolas Prodhomme et le reste des Français de l’équipe AG2R Citroën risquent d’être au service d’un chef de file. De quoi espérer faire mieux que les trois victoires acquises en 2021 (Sénéchal, Bardet et Champoussin) ?

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